L'astronomie, surtout avec l'ouverture de l'observatoire Dominion à
Ottawa en 1902, était essentielle à l’arpentage
et à l'expansion de notre pays vers l'ouest.
Lorsque l'Observatoire fédéral d'astrophysique Dominion
fut inauguré à Victoria, en Colombie-Britannique, en 1918,
son miroir de 1,83 mètre de diamètre était le plus
grand au monde. La construction de cet observatoire constirue un des
premiers investissements de la part du gouvernement canadien dans la
recherche en astronomie.
Lorsque l'Observatoire David Dunlap de l'Université de Toronto
fut inauguré à Richmond Hill, en Ontario, en 1935, son
miroir principal de 1,88 mètre de diamètre était
le deuxième plus grand au monde (le téléscope de
Victoria était maintenant le troixième plus grand). Les
recherches astronomiques effectuées par les universités
canadiennes se sont dévelopées en parallèle avec
les recherches menées par le gouvernement.
L’étude de l’émission d’ondes radio
par le Soleil à la longueur d’onde de 10 cm, effectuée
par des astronomes canadiens, a débuté en 1946. Ces observations
sont encore utilisées aujourd’hui dans le monde entier
pour mesurer le niveau d'activité du Soleil. Arthur Covington
(Ottawa) fut à l’origine ce programme.
Le programme « Canadian Impact Crater, » inauguré
en 1951, a permis au Canada de devenir un leader mondial dans l’étude
des impacts cosmiques. L’intérêt pour l’étude
des cratères d’impact continue de croître, surtout
depuis que l’on sait à quel point ces collisions cosmiques
peuvent affecter profondément la vie sur Terre. Ce programme
a été fondé par C.S. Beals, un des plus éminents
astronomes canadiens.
L'ouverture en 1960 de l'Observatoire fédéral de radioastrophysique
de Penticton, en Colombie-Britannique, et de l'Observatoire radio Algonquin
dans le Parc Algonquin, en Ontario, six ans plus tard, a mené
à des développements scientifiques importants, comme la
découverte de molécules complexes dans l'espace interstellaire.
En 1967, les observatoires de Penticton et du Parc Algonquin ont été
reliés électroniquement pour la première fois,
formant le premier interféromètre à très
longue base. Ce type d’instrument « virtuel » a la capacité
de voir des details mille fois plus fins que l’un ou l’autre
des instruments « réels » pris isolément.
L'ouverture en 1978 de l'Observatoire du Mont Mégantic a marqué
la création du premier centre de recherches astronomique au Québec.
Le télescope Canada-France-Hawaii, qui a vu sa « première
lumière » en 1979, a permis au Canada de partager avec la
France et l’Université d’Hawaii un des télescopes
parmis les plus puissants et les plus productifs au monde. Des astronomes
canadiens ont développé des instruments d’observation
et des techniques innovatrices pour décupler la puissance de
ce télescope. L’une de ces techniques a permis la découverte
de près d’une centaine de planètes en orbite autour
d’autres étoiles que nortre Soleil.
Le « Canadian Institute for Theoretical Astrophysics, » inauguré
à Toronto en 1985, est aujourd’hui un leader mondial en
ce qui a trait au travaux théoriques visant la compréhension
des systèmes planètaires, les étoiles et leur cycle
de vie, ainsi que l'origine et l’évolution de l'Univers.
Le Canada possède une part importante du temps d’observation
des télescopes Gemini, deux instruments de 8 mètres de
diamètre dont l’un est situé à Hawaii et
l’autre au Chili.
L'Observatoire de Neutrinos de Sudbury (ONS), situé loin sous
la terre au fond d’une mine de nickel en Ontario, est le plus
puissant détecteur de neutrinos au monde. Les neutrinos sont
des particules subatomiques émises lors des réactions
de fusion nucléaire qui se produisent au cœur du Soleil
et des autres étoiles, ou lors d’explosions de supernovæ.
L'observatoire a récemment permis de résoudre le problème
des neutrinos solaires — l’apparent « manque » de neutrinos en provenance du Soleil. Les chercheurs se sont en effet
aperçus que plusieurs neutrinos se transforment pendant leur
voyage du Soleil à la Terre et ne sont donc pas détectés.
Le satellite « Far-Ultraviolet Spectroscopic Explorer » (FUSE)
étudie l'Univers aux longeurs d'ondes de l'ultraviolet lointain.
Il fut le premier projet de satellite astronomique auquel le Canada
a participé.
Le satellite ODIN observe l'Univers aux longeurs d'ondes sous-millimétriques
depuis son lancement en 2001. Il est le fruit de la collaboration d’astronomes
Canadiens, Finlandais, Français et Suédois. Il est aussi
le premier satellite astronomique pour lequel le Canada a joué
un rôle majeur dans la conception, la construction et l'opération
après lancement.
En 2000, des scientifiques canadiens ont retrouvé la météorite
de Tagish Lake sur la surface gelée d’un lac de la Colombie-Britannique.
Ils ont constaté que cette météorite est la plus
primitive des météorites retrouvées sur Terre;
presque inchangée depuis la formation du système solaire
il y a 4,5 milliards d'années.
Sidney van den Bergh (Institut Herzberg d'Astrophysique,
Victoria) est un leader mondial dans l’étude de la distance,
la classification, la nature et l'évolution des galaxies, les
principales composantes de l'Univers.
Paul Boltwood, un astronome amateur né à
Stittsville, en Ontario, a developpé et utilisé des techniques
d'imagerie sophistiquées, transformant son télescope d’amateur
en un instrument aussi puissant que les plus grands télescopes
de la précédente génération. Il est le récipiendaire
du prix « International Amateur Achievement Award. »
Richard Bond (Canadian Institute for Theoretical Astrophysics,
Toronto) est un cosmologiste connu internationalement pour sa contribution
à notre compréhension de l'Univers, utilisant la radiation
micro-onde du « bruit de fond cosmique » (l’écho
du Big Bang) pour mieux comprendre les caractéristiques de l'Univers.
Tom Bolton (Université de Toronto) a codécouvert
le premier exemple d'un trou noir dans l’espace. David Crampton
et John Hutchings (Institut Herzberg d'astrophysique, Victoria) ont
découvert le premier trou noir au cœur d’une galaxie.
Les astronomes canadiens Ermanno Borra et Paul
Hickson ont développé un télescope inusité
dont la surface réfléchissante est composée de
mercure liquide; la rotation du miroir donne au mercure la forme d’une
parabole. Ce type de télescope est beaucoup moins dispendieux
qu'un télescope conventionnel du même diamètre,
mais il ne peut pointer que vers le zénith.
Terence Dickinson (Yarker, Ontario), vulgarisateur
scientifique bien connu, a écrit des centaines d'articles en
astronomie et plus d'une douzaine de livres pami lesquels « NightWatch
», qui s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires.
Il a reçu de nombreux prix internationaux et est aussi membre
de l'Ordre du Canada.
Martin Duncan (Université Queen's, Kingston)
et Scott Tremaine (travaillant aujourd’hui aux
É-U.) ont été des pionniers dans l’étude
de la nature, de l'origine et de l'évolution des milliards de
noyaux de comètes qui encombrent l'extérieur du système
solaire.
L'Astronome montréalais Gilles Fontaine (Université
de Montréal) est reconnu mondialement pour ses travaux sur les
naines blanches; ces noyaux d’étoiles mortes. Notre Soleil
deviendra lui-même une naine blanche dans cinq milliards d'années.
L'astronome canadienne Wendy Freedman est un des chefs
de file du « Key Project » du Télescope spatial Hubble,
qui vise à déterminer la taille et l'âge de l'Univers.
Les astronomes canadiens Brett Gladman et
J.J. Kavelaars ont découvert à eux seuls presque
la moitié de tous les satellites connus de Saturne.
Feu Helen Sawyer Hogg (l'Université de Toronto)
était probablement l'astronome canadienne la plus connue, grâce
en partie à la reconnaissance internationale que lui ont valu
ses travaux sur les amas globulaires, son leadership dans les organisations
astronomiques internationales et ses chroniques hebdomadaires publiées
pendant plus de 40 ans dans le plus grand quotidien de langue anglaise
au Canada.
Né au Canada, l’astronome amateur David Levy
a découvert ou codécouvert plus de 20 comètes,
parmi lesquelles on retrouve la célèbre comète
Shoemaker-Levy 9 qui s’est désintégrée dans
l’atmosphère de la planète Jupiter en 1994. David
Levy est aussi un écrivain prolifique, publiant régulièrement
livres et articles sur l’astronomie.
Feu Andrew McKellar (Observatoire fédéral
d'astrophysique, Victoria) a été le premier à mesurer
la température de l'espace interstellaire à 2,4 degrés
au-dessus du zéro absolu. Ce fut aussi la première mesure
de la température de la radiation micro-onde du “bruit
de fond” cosmique, l’écho du Big Bang.
Feu Peter Millman a été un expert mondial
de l’étude des météores (les étoiles
filantes). Il a utilisé des techniques d’observation visuelles,
spectroscopiques et radar. On lui doit une série impressionnante
de projets de recherche concernant les météores, les météorites
et les cratères causés par leur impact sur terre.
Jack Newton, un astronome amateur basé en Colombie-Britannique,
est un chef de file mondial dans le développement de techniques
d'imageries astronomiques utilisant des caméras à pellicule
et des caméras numériques. Ses travaux ont été
publiés dans de nombreux livres et articles. Il fut aussi récipiendaire
du prix « International Amateur Achievement Award. »
Feu John S. Plaskett (Observatoire fédéral
d'astrophysique, Victoria) a découvert la paire d'étoiles
la plus massive jamais observée — encore surnommée
« Les étoiles de Plaskett. » À l’aide
de son collègue J.A. Pearce, il a réussi à déterminer
pour la première fois la masse, la taille et la vitesse de rotation
de notre galaxie, la Voie lactée.
Né au Québec, l’astronome Hubert Reeves
a été surnommé le « Carl Sagan de la langue
française » en raison des nombreux livres de vulgarisation
scientifique en astronomie qu’il a écrit depuis 20 ans.
Le 23 février 1987, Ian Shelton (Université
de Toronto) a découvert la plus brillante supernova à
apparaître dans notre ciel en 400 ans.
Don Vandenberg (Université de Victoria) est
l'astronome canadien le plus cité dans des articles scientifiques,
surtout grâce à ses travaux sur la structure et l'évolution
des étoiles.
Feu Isabel Williamson, une astronome amateure de Montréal,
a formé toute une génération d'astronomes amateurs
montréalais, parmis lesquels figure le grand découvreur
de comètes David Levy.
Le « Canadian Network for Observational Cosmology » est un
chef de file mondial dans la détermination des caractéristiques
fondamentales de l'Univers par l’étude des galaxies lointaines.
D’autres équipes d'astronomes canadiens ont étudié
la radiation microonde du fond cosmique pour obtenir les mêmes
résultats.
Des astronomes canadiens ont développé des logiciels
très performants pour l'analyse des images astronomiques, notamment
le DAOPHOT de Paul Stetson. D’autres ont aussi développé
le logiciel « Starry Night, » qui simule le ciel étoilé
sur un ordinateur personnel et est utilisé par les astronomes
amateurs du monde entier.